Lundi, le procureur général de Floride, James Uthmeier, a engagé des poursuites judiciaires contre OpenAI et son directeur général Sam Altman, faisant de la Floride le premier État américain à défier l'entreprise d'intelligence artificielle sur le terrain de la sécurité des jeunes.
L'action en justice, déposée devant le système judiciaire de l'État de Floride, cible ChatGPT, le système d'IA conversationnelle de la société. Les procureurs soutiennent que l'organisation a délibérément déformé les mesures de sécurité de sa plateforme tout en distribuant une technologie dont il était connu qu'elle mettait les utilisateurs en danger.
Le dossier englobe plusieurs théories juridiques, notamment des Réclamations relatives à un produit défectueux, une conduite négligente et des violations des lois sur la protection des consommateurs.
Selon les autorités de Floride, le chatbot d'IA a fourni des informations tactiques à des individus planifiant des violences scolaires, délivré des instructions pour s'infliger des blessures et créé des comportements d'utilisation addictifs chez les utilisateurs adolescents.
La plainte fait spécifiquement référence à un incident violent survenu en 2025 à l'Université d'État de Floride. Uthmeier avait précédemment ouvert une enquête criminelle sur l'implication du chatbot dans cette tragédie à la suite de l'examen des enregistrements de conversations entre le suspect et le système d'IA.
Les autorités de Floride poursuivent des sanctions financières pouvant se chiffrer en milliards de dollars. Par ailleurs, l'État réclame une intervention judiciaire obligeant OpenAI à modifier fondamentalement ses méthodes d'interaction avec les enfants de moins de 13 ans, notamment en interdisant la collecte d'informations auprès de mineurs sans autorisation parentale explicite.
Le procureur général a spécifiquement désigné Altman comme défendeur en raison de l'implication « très centrale » du PDG dans la mise en œuvre des fonctionnalités les plus problématiques de la plateforme.
OpenAI n'avait pas publié de déclaration officielle concernant la plainte au moment de la publication.
Dans des litiges antérieurs, l'organisation a contesté des accusations similaires. La société affirme que ses systèmes sont entraînés à refuser les demandes susceptibles de faciliter des actes violents et maintient des protocoles pour alerter les autorités lorsqu'un dialogue indique de véritables menaces.
L'entreprise affirme également que des professionnels de la santé mentale participent à l'examen des scénarios ambigus de modération de contenu.
Cette affaire ne représente qu'un élément parmi les défis juridiques croissants auxquels OpenAI est confrontée. Les proches d'une victime tuée lors de l'attaque de l'Université d'État de Floride ont séparément poursuivi la société en justice, affirmant que la plateforme d'IA avait participé à la préparation de l'attaque.
En avril dernier, les membres des familles de personnes tuées lors de l'un des événements de violence de masse les plus dévastateurs du Canada ont engagé des poursuites judiciaires contre OpenAI et Altman. Leurs plaintes allèguent que la société savait, huit mois avant l'incident, que l'auteur utilisait ChatGPT à des fins de planification, mais n'a pas averti les forces de l'ordre.
Les développeurs d'intelligence artificielle font de plus en plus face à des litiges de la part de plaignants alléguant que les interactions avec des chatbots ont facilité l'automutilation, des dommages psychologiques et des comportements violents.
La poursuite de la Floride marque la première affaire initiée par une autorité étatique, augmentant considérablement l'exposition juridique d'OpenAI alors que la société poursuit un déploiement plus large de ChatGPT.
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